cervepas
centre d'études et de recherches sur la vie économique des pays anglo-saxons
 
Alexis Chommeloux
 
 

 

La Confederation of British Industry et les gouvernements conservateurs britanniques de 1979 à 1997.

Soutenue le 3 décembre 2001 à l’Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris III
Directeur de recherche: Martine Azuelos

 


Résumé

À la veille de l'arrivée aux affaires de Margaret Thatcher en 1979, la CBI, traditionnellement apolitique, a franchi le Rubicon. Lassée d'un corporatisme qui faisait la part trop belle aux syndicats et entraînée dans un grand mouvement de rejet des politiques keynésiennes qui avaient caractérisé le consensus des années d'après-guerre, l'organisation patronale a choisi de soutenir ouvertement les objectifs du Parti conservateur, accréditant quelque peu l'idée selon laquelle elle était le "Parti conservateur au travail". 1979 marque, au moins symboliquement, une rupture avec un consensus qui avait donné lieu à la mise en place d'un système dans lequel la CBI occupait, aux côtés du TUC, une place de governing institution.

L'objet de la présente thèse est d'observer l'adaptation souvent pénible d'une organisation représentant principalement le secteur secondaire à la mise en place d'un régime qu'elle avait appelé de ses vœux mais dont les options néo-libérales radicales se sont souvent révélées difficiles à concilier avec ses propres traditions, dont la politique était fondée sur un rejet de la légitimité des groupes de pression et dont les grandes orientations économiques ont contribué à décimer l'industrie manufacturière. Au terme d'une présentation de l'organisation et de ces grandes orientations, l'étude porte sur la rupture des années Thatcher, sur les spécificités des années Major (en matière de politique industrielle et monétaire notamment) et sur la campagne électorale de 1997, campagne marquée par l'offensive de charme lancée auprès de la CBI par un New Labour en quête de légitimité sur les questions économiques.

 

The Relationship Between the CBI (Confederation of British Labour) and the Conservative Government from 1979 to 1997.

Abstract

On the eve of the 1979 general election which brought Margaret Thatcher to power, the CBI, a traditionally non-political organisation, crossed the Rubicon. Tired of a corporatism too favourable to the trade unions, and carried along in a great movement of rejection of the Keynesian policies which had characterised the post-war consensus, the CBI chose to openly support of the Conservatives' objectives, giving some credit to the idea that it was the "Tory Party at Work". The year 1979 may be seen to symbolise a break with a consensus which had led to the establishment of a system in which the CBI, along with the TUC, enjoyed the status of governing institution.

The purpose of this thesis is to consider the adjustment (often painful) of an organisation representing mainly manufacturing industry to the setting up of a regime which it had hoped for but whose neo-liberal options often proved to be difficult to reconcile with its own traditions, whose policy was based on a rejection of a legitimacy of pressure groups and whose main economic orientations helped to decimate manufacturing. Having made a presentation of the CBI and considered those orientations, I chose to examine the fracture of the Thatcher years, the specific features of the Major years (with regard in particular to industrial and monetary policies) and the 1997 election campaign which was noteworthy for the attempts by a New Labour Party in quest of legitimacy regarding economic issues to seduce the CBI.