cervepas
centre d'études et de recherches sur la vie économique des pays anglo-saxons
 
Politique scientifique
 
 

 

À une époque où les économies anglo-saxonnes s’affirment comme l’un des éléments moteurs du processus de mondialisation, sans doute n’était-il pas inutile de tenter de mieux cerner les ressorts de cette dynamique. En plaçant la vie économique des pays anglo-saxons au cœur de son projet de recherche, le CERVEPAS a fait le choix, depuis sa fondation en 1991, du comparatisme et de la pluridisciplinarité. Seul centre de recherche français à se consacrer à cet objet, il conçoit l’économique comme ne pouvant s’appréhender et se comprendre sans référence au social, au politique et au culturel.

Structuré autour d'un noyau d‘une dizaine de membres permanents et d’une douzaine de membres associés, le CERVEPAS accueille aussi une douzaine de doctorants. Des réunions ou journées d’étude sont organisées tous les mois : à côté de celles qui permettent de mener une réflexion suivie sur une thématique retenue pour une durée de deux ou trois années, des séances de travail sont consacrées à des sujets en rapport avec l'actualité ou permettant à des chercheurs (membres du CERVEPAS ou invités pour l’occasion) de faire connaître leurs travaux. Le CERVEPAS fonctionne tout à la fois comme un observatoire des évolutions économiques contemporaines dans le monde anglo-saxon et comme un lieu d’échange intellectuel et de réflexion sur ces phénomènes. Cette réflexion s’ancre nécessairement dans une connaissance des civilisations anglo-saxonnes qui ne peuvent elles-mêmes se comprendre pleinement que dans la longue durée et dans leur interaction avec d’autres civilisations.

C’est donc tout naturellement que les recherches menées au sein du CERVEPAS viennent nourrir la réflexion transversale menée au sein du nouveau laboratoire CREW (Centre for Research on the English-Speaking World, EA 4399) dont le CERVEPAS est l’un des éléments constitutifs depuis 2009.


Un observatoire des évolutions économiques contemporaines dans le monde anglo-saxon


Une partie de l’activité du CERVEPAS consiste à faire le point sur les grands dossiers concernant le devenir des économies anglo-saxonnes. La politique économique menée par les gouvernements en place est, bien entendu, l’un des axes de cette recherche, comme en témoigne le colloque consacré au bilan socio-économique de la période couverte par la présidence de G.W. Bush qui fut organisé en octobre 2008 ou la journée d’étude organisée en avril 2010, peu avant la tenue des élections générales britanniques, sur les années Brown. Les publications les plus marquantes, tant en France que dans les pays anglo-saxons, sur ces évolutions, sont aussi présentées et discutées lors de réunions organisées tous les mois.

 


Un lieu de réflexion sur les ressorts de la dynamique économique anglo-saxonne


Le concept de « dynamique anglo-saxonne » se situe au cœur de la réflexion qui a donné corps à plusieurs des ouvrages collectifs du CERVEPAS, les thèmes de recherche choisis visant à cerner les ressorts de cette dynamique, ainsi que ses agents ou acteurs. Ce concept traduit aussi le rôle moteur que les pays anglo-saxons, et en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont joué dans le développement économique occidental depuis le XVIIIe siècle et tout particulièrement dans la période contemporaine.

Les thèmes de recherche choisis par le CERVEPAS visent à cerner les ressorts de cette dynamique, ainsi que ses agents ou acteurs. Ainsi, après avoir d’abord travaillé sur la problématique de la déréglementation, le CERVEPAS a engagé une recherche sur l’évolution des économies anglo-saxonnes à l’heure de la mondialisation. Il a souligné les limites d’une vision qui, raisonnant en termes d’hégémonie, ferait fi des contraintes que la mondialisation fait peser sur toute économie, fût-elle dominante, comme dans le cas de l’économie américaine dans les années 1990. L’entrée du monde occidental dans un nouveau cycle de croissance marqué par l’avènement de l’économie de la connaissance a par ailleurs conduit le CERVEPAS à réfléchir sur le rôle de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans les économies anglo-saxonnes. Si la création d’entreprises innovantes et le développement de l’intrapreneuriat ont des effets positifs sur la croissance et l’emploi, ces manifestations de l’esprit d’entreprise sont façonnées par le contexte et la culture dans lesquels elles s’enracinent. Dès lors, le repérage des variables culturelles, institutionnelles et économiques qui entravent ou au contraire favorisent l’innovation apparaît essentiel pour définir et comparer les différents systèmes économiques et les modèles de développement qui en découlent.

Ces analyses ont été prolongées à la lumière des bouleversements qui ont marqué la première décennie du XXIe siècle. Dans ce contexte, la relation spéciale que la Grande-Bretagne entretient avec les Etats-Unis doit être réexaminée, tout comme doivent l’être aussi les relations qui unissent les Etats-Unis à leurs voisins des Amériques. La réflexion sur la notion de modèle de capitalisme anglo-saxon, amorcée en 2007, s’est ainsi nourrie du retournement brutal de la conjoncture qui s’est opéré à partir de cette même année. Un premier bilan a pu en être tiré, en 2009, à l’occasion du colloque sur la crise financière et les économies du monde anglophone.

Un lieu d’échange intellectuel

Si le monde anglo-saxon est l’objet d’étude privilégié du CERVEPAS, si la recherche qui y est menée vise à mieux cerner les contours du capitalisme anglo-saxon et de la dynamique propre à l’aire culturelle et linguistique anglophone, cette aire culturelle ne saurait toutefois se concevoir en tant qu’espace clos. Dans une économie largement globalisée, la recherche sur les économies anglo-saxonnes se doit elle-même d’être ouverte. Les recherches menées au sein du CERVEPAS se sont ainsi enrichies, au fil des années, de collaborations fructueuses avec des équipes travaillant sur d’autres aires culturelles ou relevant de champs disciplinaires différents. Collaboration avec le CREC (centre de recherche en civilisation britannique), ou avec les autres équipes de Paris III travaillant sur des problématiques transaméricaines, le CREDAL (Centre de recherche, d’étude et de documentation sur l’Amérique latine) et le CRAN (Centre de recherches sur l’Amérique du Nord). Cette collaboration s’est concrétisée par la participation à la mise en place du PPF, puis du GIS Institut des Amériques. Le CERVEPAS s’est largement investi, depuis 2001, dans l’organisation de six colloques et dans la publication des ouvrages auxquels ils ont donné lieu. Aux delà des frontières de l’Hexagone, des collaborations ont été mises en place avec le CERIUM (Centre d’étude des relations internationales de l’Université de Montréal), le Centre for Entrepreneurship de l’Université Robert Gordon d’Aberdeen, le Centre of Asian Studies de l’Université de Hong Kong, et le Graduate Center de CUNY (City University of New York).